Compte-rendu du Stage d'Aïkido animé par Daniel Toutain le Dimanche 11 Mai 2014 à Mauron (56430)

Ajouté le 12/05/2014 16:03:48 par Pascal Bernard et modifié le 15/05/2014 16:02:06

Commentaire

Comme d’habitude, le stage d'armes "Iwama ryu" de Daniel Toutain a été d’une grande richesse.La matinée a été consacrée à la mise en perspective des suburi du ken alors que l'après midi a été l'occasion d'étudier les kumi jo.

 

Pour comprendre la pédagogie Iwama ryu, il faut garder à l’esprit que cette méthode est un système en "poupées russes" où chaque étape de l’apprentissage va devenir le support du stade suivant qui sera plus avancé.A titre d’exemple, lors de l’étude du jo, le kata 6 comprend 6 mouvements de bras issus de frappes et d’esquives mais aussi des phases intermédiaires entre frappes et esquives. Ces 6 mouvements se font sur 6 déplacements ou postures lors de la phase initiale de l’apprentissage. La forme avancée finale n'est plus qu'un seul mouvement continu combinant l’alternance d’une position hanmi gauche, point de départ, vers une position hanmi droite, point d’arrivée, et cette alternance se fera par un pas sauté alors que les 6 mouvements de frappes et de parades seront pratiqués dans une continuité fluide et rapide.

 

Lors de l’étude du matin, de nombreux points importants, souvent d’apparence première anodine car discrets et échappant de fait au regard des impétrants ont été expliqués en termes de gestion du temps et des déplacements. Les suburi, notamment les premiers, ont été conçus comme étant le minimum commun à toutes les attaques mais aussi des parades.Le respect de leur pratique correcte revêt une importance primordiale car cette architecture corporelle sera retrouvée à l'identique, en tai jutsu (pratique à main nue). Les suburi permettent d’éduquer les postures, les déplacements et la liaison corps-armes afin que ces dernières ne fassent plus qu’un avec le corps.Ainsi, par rapport à l’approche lisse et linéaire du « débutant »,  lorsqu’on utilise les suburi en situation réaliste face à une attaque au ken, il se rajoute de minimes accélérations de temps et une dischotomie plus marquée entre les sorties de ligne et la partie contre-attaque proprement dite. Cette chronolgie est fondamentale pour ne pas se retrouver dans la situation où notre propre technique permet à l'assaillant de pouvoir nous toucher (situation de "mort mutuelle").

 

L’utilisation des pieds a également été abordé, puisque le posé de l’avant pied puis celui du talon devront s’effectuer à des moments précis de la coupe ou du piqué afin de donner le maximum de puissance à notre attaques par rapport aux phases de l’attaque de tori.Ces points sont fondamentaux car ils seront retrouvés et devront êtres appliqués tels quels en pratique à mains nues pour donner, lors des déplacements, la stabilité et la puissance dans l’application de techniques épurées.Bien que d'apparence de prime abord hardue, une fois maîtrisée, la chronologie des posés de pieds se fait mécaniquement, instinctivement et de manière naturelle.

 

L’après-midi a été consacrée à l’étude des kumi jo et à la mise en liaison des 4 premiers kumi jo avec des adversaires venant de derrière. Ces exercices de jo autorisent les pratiquants à ses déplacer avec une grande dynamique et permettent de comprendre que la connaissance des kumi jo de base n'est que le socle permettant de composer de très nombreuses possibilités techniques aussi bien face à un unique attaquant que face à plusieurs attaquants venant de directions différentes tout en respectant les principes fondamentaux de l'aïikido.

 

La journée a été l’occasion de se convaincre une fois de plus de l’unité et de la transversalité technique de l’aïkido d’OS, de la formidable richesse technique de cet enseignement, de sa finesse et de son intelligente mécanique.Cette caractéristique d'« intelligence mécanique » signifie que ce savoir, basé sur des principes mécaniques simples, est compréhensible, démontrable, explicable et donc transmissible.

 

Ces immenses connaissances de Daniel Toutain qui arrive à surprendre à chaque stage même les plus anciens dans la pratique, Daniel les dispense suivant le niveau de chacun pour leur permettre d’évoluer dans la forme d’aïkido qu’ils ont choisi.

Un autre point important propice à l’étude est l’atmosphère simple de ces stages conviviaux marqués par une « confraternité d’étude » quel que soit le stade d’évolution ou le grade de chacun.

Pascal Bernard

Professeur diplomé d'état (DE2)

6ème dan FAA

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