Compte-rendu du Stage d'Aïkido animé par Daniel Toutain le Samedi 18 Octobre 2014 à Liffré

Ajouté le 19/10/2014 17:44:26 par Pascal Bernard

Commentaire

Le stage de Liffré a été l’occasion de nombreuses mises au point et précisions qui ont rendu ce stage très riche en apports techniques pour les participants de tous niveaux présents. Travaillant le matin, je suis arrivé en retard, je n’ai donc pu assister qu’à la fin du dernier cours et je n’ai pu assister au cours de ken. Cette fin du dernier cours a été consacré à différentes techniques contre la saisie de la manche du kimono. Le cours avancé a été consacré à l’étude de tento dori. Après une précision d’ordre théorique mais importante dans laquelle Toutain sensei a tenu à préciser que face à un couteau, la première des choses à faire était de fuir le plus rapidement possible. Je comprends d’autant plus cette recommandation qu’une étude a démontré que les blessures par couteau étaient nettement plus fréquement mortelles que les blessures par balle. Ensuite, s’il n’était pas possible de fuir, il fallait alors trouver un objet comme une chaise ou autre pour se défendre. Enfin, dans le pire des cas, il était possible d’essayer de se défendre avec ces techniques. Plusieurs défenses sur divers attaques ont été étudiées : de la plus simple consistant en un coup droit à des enchainements dans lesquels l’attaquant change le couteau de main. Parmi l’ensemble des points clés développés, deux points majeurs ont retenu mon attention. Le premier est que ce sont le déplacement, la distance et l’angle formé par rapport au bras de l’attaquant qui permettent de positionner les mains naturellement pour saisir le bras de l’attaquant. Le second est que la saisie se fait sans brutalité mais en continuant le sens de l’attaque afin d’éviter toute réaction de protection de l’attaquant et de le déséquilibrer. Le cours d’arme de l’après-midi a été consacré à l’étude des suburi et des trois premiers kumijo qui ont été ensuite enchaînés avec deux uke. Rappel théorique, l’aïkijo a été construit comme une synthèse de la lance, de la baïonnette, du sabre et de la naginata. L’aïkijo, comme l’aïkiken font partie de la même discipline que le tai jutsu et l’ensemble se nomme aïkido de par la transversalité profonde et souvent insoupçonnée qu’ils partagent. Riches et très complets, ces différents aspects de l’aïkido ne doivent pas être recherchés dans d’autres disciplines comme le jodo, le kendo ou autres disciplines, qui aussi riches qu’elles soient, ne font pas parties de la discipline crée par le fondateur, mais doivent être recherchées à la source c’est-à-dire dans l’enseignement d’OS si l’on veut garder l’unicité de la pratique et ne pas créer des disciplines disparates souvent très éloignées de la création d’OS. Les suburis étudiés ont été l’occasion de préciser la bonne posture, notamment le rôle de la jambe arrière, le mouvement de rotation de la main avant lors des piqués afin de prévenir tout lâché du jo lorsque des manœuvres de déviation du piqué sont effectuées par uke qui contrattaque dans l’attaque et enfin, que le mouvement de frappe était le même que shomen au ken, mouvement retrouvé similaire dans shiho nage et dans les attaques shomen qui, il faut le rappeler, en positions aï hanmi, sont initiées par tori dans l’aïkido du fondateur. Les cours suivant ont été consacrés à l’étude des saisies arrières. Sans développer les techniques étudiées, le point fondamental développé a été celui du contrôle de notre propre axe dans les mouvements afin de contrôler celui d’uke. En plus de l’efficacité technique que cela procure et sans effort, c’est une merveilleuse sensation que de sentir l’axe du corps d’uke contrôlé autour de notre propre axe corporel. Enfin pour terminer, à une époque où les titres pompeux de shihan se multiplient et où certains shihan affichent des moues détachées et ne montent sur les tatamis que pour se montrer en coup de vent, ne mouillent plus leur kimono mais immobiles, passent leur temps à papoter avec les figures connues ou à « conseiller » de jolies dames généralement débutantes et pour finir, s’assoient à la droite de tout le monde au moment du salut dans les stages internationaux (histoire vécue ;-) ), la simplicité et la disponibilité partageuse de Daniel Toutain fait figure d’exception pour un homme d’une telle connaissance et d’une telle maîtrise de son art auxquelles peu d’autres peuvent prétendre, non seulement en France, mais aussi à l’étranger. Une anecdote caractéristique qu’il m’a racontée concerne son fils dont il a s'est montré heureux d’une réflexion qui est parfaitement transposable à ceux qui enseignent ou pratiquent l’aïkido pris comme terme générique. Musicien, son fils est un adepte des « jam ». Mais il a fait part de sa déception car de nombreux musiciens participent à ces sessions pour se montrer et sa réflexion a été de dire : la musique est bien plus grande que nos égo.